Group show | Oriane Emery, Noah El Hachem, Roland Knowlden Junior
Exposition
03.09.2026 — 26.09.2026
DSG WELCOMES Xxijra Hii
Vernissage
03.09.2026 — 18h
DS Galerie inaugure “DSG WELCOMES”, un nouveau programme d’invitations internationales qui ouvre sa programmation à des galeries invitées. Pensé comme un espace de dialogue, d’expérimentation et de circulation des idées, ce programme affirme la galerie comme un terrain d’action et de réflexion où artistes, galeristes, commissaires, critiques, chercheur·euses, collectionneur·euses et institutions se rencontrent afin de faire émerger de nouveaux récits et de créer des connexions inédites entre les scènes artistiques contemporaines.
Cette première édition accueille la galerie londonienne Xxijra Hii, dans le prolongement d’une collaboration initiée à Art-O-Rama à Marseille en août 2026. À cette occasion, la galerie présente “Vapour Oblique”, une exposition collective réunissant les œuvres d’Oriane Emery, Noah El Hachem et Roland Knowlden Jr.
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“Réunissant peinture et sculpture, l’exposition envisage le nébuleux comme une forme de protection, de rébellion et de transformation. Dans les pratiques des trois artistes, l’identité n’est pas présentée comme une position fixe ou un récit résolu, mais comme quelque chose qui s’assemble à partir de fragments : une tache, un œil, une courbe, un geste domestique, un indice spatial, un héritage retenu. Ce qui circule à travers ces œuvres n’est jamais entièrement dévoilé. Cela est transporté, détourné, partiellement traduit et parfois délibérément maintenu hors d’atteinte.
L’exposition cherche à comprendre le mouvement et la transmutation comme des forces exerçant une pression sur la mémoire et la transmission. Quelle part d’une histoire peut être partagée avant qu’elle ne soit simplifiée, consommée ou mal comprise ? Que faut-il préserver pour survivre à la circulation ? Ici, le vague ou l’inquiétante étrangeté devient une méthode de soin, mais aussi une forme de refus : une manière de résister à l’exigence de rendre entièrement lisibles sa personne, sa lignée ou ses images.
Dans les peintures de Noah El Hachem, le portrait devient un territoire instable. Des figures rendues avec précision apparaissent au sein d’espaces indéterminés, entourées de feuilles, d’yeux, de courbes amples et de structures angulaires récurrentes. Puisant dans les géométries organiques et l’insoumission ornementale de l’architecture du début du XXe siècle, El Hachem permet au portrait de dépasser la ressemblance pour s’ouvrir sur un langage pictural intuitif, dans lequel le réel et l’imaginaire demeurent en négociation. Ayant grandi dans la région de la Ruhr, El Hachem était entouré par l’architecture pragmatique de l’après-guerre. Ce style architectural décoratif y était relativement rare et apparaissait souvent dans d’anciennes zones industrielles ; les découvrir donnait à l’artiste l’impression de mettre au jour quelque chose de caché. Dans sa pratique, il n’imite pas consciemment ces formes : elles émergent intuitivement pendant le dessin, à la manière d’une écriture manuscrite, et constituent le fondement de son langage visuel. Lorsqu’il peint, les décisions sont prises presque instantanément. En ce sens, l’écriture importe davantage que ce qui est écrit : les marques elles-mêmes portent le sens, tandis que le sujet devient simplement le véhicule à travers lequel ce langage s’exprime. Il en résulte une œuvre qui résiste à toute reconnaissance stable et fait de la création d’images un discret acte de transformation.
La pratique de Roland Knowlden Jr. explore l’absence, l’incertitude et le désordre dans leur tension avec les systèmes de connaissance et de contrôle. Travaillant à travers plusieurs médiums, il utilise le collage, l’assemblage et la fragmentation pour construire des géographies spéculatives dans lesquelles les frontières, les origines et les significations demeurent contingentes. Ses œuvres fonctionnent moins comme des « cartes » que comme des méthodes d’orientation instables, mettant en relation des images trouvées, des ruptures matérielles et des structures symboliques selon des configurations précaires. À travers les masques, la peinture et la sculpture, Knowlden revient à l’idée du passage : non pas comme une transition stable d’un lieu vers un autre, mais comme un seuil où l’opacité, la désorientation et la transformation deviennent actives. L’absence n’est pas un vide, mais un lieu de potentialité ; un espace négatif à travers lequel les histoires peuvent revenir sous la forme de traces, d’indices, de rythmes ou de fragments. Son travail propose l’orientation comme un acte de rébellion : un refus des itinéraires, des origines et des systèmes d’interprétation fixes.
Le travail d’Oriane Emery aborde le métissage comme un acte intime et politique de reconstruction. S’appuyant sur son héritage suisse-algérien, la recherche archivistique, la fiction et l’expérience incarnée, sa pratique examine les relations instables entre mémoire personnelle, histoires coloniales, représentation et appartenance. Emery traite l’absence, la traduction et les images héritées comme des matériaux actifs : des éléments à manipuler, interrompre, recoudre et rendre à nouveau lisibles selon ses propres termes. Dans ses œuvres récentes, elle rassemble des objets domestiques, des broderies protectrices, des symboles hérités et des gestes de soin afin de ralentir la circulation des images violentes et de récupérer ce qui a été dissimulé. Des points d’œillet algériens, associés à la protection contre le mauvais œil, recouvrent partiellement l’image et la complexifient, introduisant une temporalité plus lente face à la vitesse et à la répétition de la circulation numérique. Ailleurs, un mouchoir taché, un carreau blanc et une croix d’Agadez deviennent les traces du travail, de l’attachement et d’une orientation incertaine. Pour celles et ceux que la famille, la nation ou l’histoire ont conduits à se sentir illégitimes, l’identité est moins un acquis qu’une quête : un processus consistant à puiser sa force dans la rupture et à s’autoriser soi-même à travers ce qui fut autrefois refusé.
Ensemble, les trois artistes présentent le nébuleux non comme une absence, mais comme une condition vivante. Leurs œuvres ne résolvent pas l’identité, la réflexion, la mémoire ou l’appartenance en une forme fixe. Elles créent plutôt un territoire sensible où l’intime rencontre.”
Texte par | Xxijra Hii
Née en 1999 (CH), elle vit et travaille à Lausanne. Oriane Emery développe une pratique qui mêle installation, image en mouvement, performance, écriture et œuvres sur papier, explorant les manières dont les récits intimes croisent les histoires coloniales, le déplacement, la mémoire et la transmission des images. Sa démarche associe recherche archivistique, fiction et expérience incarnée afin d’interroger les relations instables entre mémoire individuelle et mémoire collective, représentation et sentiment d’appartenance. Nourrie par ses origines suisses et algériennes, elle élabore des formes spatiales et narratives dans lesquelles l’absence, la traduction et les images héritées deviennent des matériaux actifs. Son travail a notamment été présenté à Arsenic – Centre d’art scénique contemporain à Lausanne, au CACY – Centre d’art contemporain d’Yverdon, à la galerie Fabienne Levy à Lausanne, ainsi qu’à one gee in fog à Genève.
En 2023, elle participe à la résidence critique d’été SOMA à Mexico, puis reçoit en 2024 le prix EXECAL pour son mémoire de master à l’ECAL. En 2026, elle est sélectionnée pour une résidence Pro Helvetia dans la région arabe.
Entre 2023 et 2026, Oriane Emery codirige CALM – Centre d’Art La Meute à Lausanne, où elle développe des expositions, des performances, des projections et des publications réunissant des artistes suisses et internationaux. Cette expérience curatoriale prolonge sa recherche artistique autour des notions de relation, d’accessibilité et de production collective.
Né en 1999 (DE), il vit et travaille à Düsseldorf. Noah El Hachem est diplômé d’un bachelor en beaux-arts de la Slade School of Fine Art de Londres, obtenu en 2021, et a également étudié à la Kunstakademie de Düsseldorf. Les peintures de Noah El Hachem associent un travail minutieux du portrait à un langage intuitif fondé sur l’ornement, la répétition et l’abstraction. Ses figures semblent suspendues au sein de compositions peuplées d’yeux, de feuilles, de courbes sinueuses et de structures anguleuses récurrentes, donnant naissance à des images à la fois denses sur le plan psychologique et soigneusement construites. Bien que riches en symboles, ses œuvres échappent aux récits figés et créent plutôt des espaces contemplatifs où le corps, son environnement et la surface peinte demeurent en perpétuelle négociation. L’architecture du début du XXᵉ siècle occupe une place centrale dans son langage visuel, notamment à travers la sensibilité sculpturale, l’asymétrie et les géométries organiques caractéristiques de l’Art nouveau. Influencé par des architectes tels qu’Hector Guimard et Peter Behrens, il s’intéresse à la manière dont l’architecture emprunte aux formes biologiques, aux rythmes mathématiques et aux gestes calligraphiques. La célèbre courbe en « coup de fouet », emblématique de l’Art nouveau, est devenue une forme d’écriture visuelle dans son travail, surgissant instinctivement au cours du dessin.
Pour Noah El Hachem, le sens d’une peinture réside autant dans le mouvement et le caractère de ses traces que dans son sujet. Le portrait devient ainsi le support d’un langage pictural intuitif, en constante évolution.
Né en 1995 (USA), il vit et travaille à Londres. Roland Knowlden Jr. est un artiste américano-libérien installé à Londres. À travers la peinture, le dessin et la sculpture, sa pratique explore la poétique matérielle de l’absence, de l’incertitude et du désordre, ainsi que les tensions que ces forces produisent au sein des systèmes de savoir et de pouvoir. Par des procédés de collage et d’assemblage, Roland Knowlden Jr. met en relation des images trouvées, des structures architecturales et des matériaux hétérogènes dans des compositions volontairement instables. L’effacement, la fragmentation et le déplacement deviennent autant de moyens de perturber les objets familiers et les systèmes de représentation, permettant l’émergence de récits spatiaux et historiques alternatifs. Ses œuvres prennent souvent la forme de cartographies critiques : des géographies spéculatives où les frontières, les origines et les significations demeurent mouvantes et contingentes. Il considère aussi bien l’image que l’objet comme des environnements construits, explorant la manière dont les matériaux peuvent se rencontrer, se dissocier et se transformer continuellement. Roland Knowlden Jr. prépare actuellement un Master of Fine Arts à Goldsmiths, University of London, dont il sera diplômé en 2026. Il a obtenu en 2020 un diplôme d’architecture à l’Illinois Institute of Technology.
Parmi ses expositions personnelles récentes figurent Negations, présentée chez House Work Presents à Londres (2025), Black Tributary à Boundary Gallery à Chicago (2024), ainsi que Horizon, Expanse: A Source and A Mirage à Cleaner Gallery, également à Chicago (2023).
Son travail a également été exposé à Public Gallery, au DePaul Art Museum, à l’Elmhurst Art Museum, au South Side Community Arts Center ainsi qu’à Mana Contemporary.
“SHY-RAH-HI ”
Fondée en 2020 à Deptford, dans le sud de Londres, Xxijra Hii est née dans un contexte inédit qui exigeait de nouvelles façons de montrer et d’expérimenter l’art. Initialement conçue comme un projet, la galerie s’est développée à travers les formats numériques et les expériences de visite à distance, qui lui ont permis d’affiner son programme et de repenser les liens qu’elle entretient avec ses communautés, aussi bien en ligne que dans l’espace physique. Depuis 2023, Xxijra Hii poursuit son activité en tant que galerie indépendante à vocation commerciale. La galerie défend des artistes dont les pratiques se situent à la lisière des conventions, explorant des médiums atypiques, de nouveaux processus de création, des formes de collaboration inédites ainsi que des approches renouvelées de la théorie et de l’allégorie. Xxijra Hii porte une attention particulière aux œuvres qui interrogent nos certitudes et remettent en question ce que nous savons — ou croyons savoir.
Attachée à une approche sensible et exigeante, la galerie privilégie des propositions capables d’aborder des sujets complexes avec humilité et nuance. Cet équilibre entre réflexion critique et expérience humaine constitue le cœur de son identité.
Aujourd’hui, Xxijra Hii accompagne un nombre croissant d’artistes et s’engage particulièrement auprès des créateurs émergents ainsi que de celles et ceux qui renouent avec leur pratique après une période de transition ou de développement. Son programme repose sur le partage des savoirs, la recherche collective et la construction collaborative de nouvelles idées.
La galerie accompagne aujourd’hui les artistes Yuli Serfaty, Glen Pudvine, Chris Thompson, Hannah Morgan et David Micheaud, réunis par une attention commune portée aux pratiques expérimentales et aux formes émergentes de la création contemporaine. Plus d’infos